Perou - Ascension du Pisco

De retour du tour de l'Alpamayo, je souhaite profiter de mon acclimatation pour effectuer une belle ascencion facile: le très classique Pisco (5750m).

Début septembre, la saison de l'andinisme à Huaraz touche à sa fin et il y'a très peu de départs de groupe des agences. M'en fous, j'ai pas envie de trainer des touristes en forme physique ou acclimatation insuffisante: je le ferai avec un guide pour moi tout seul na ! Passage par le bureau des guides donc. En deux temps trois mouvement, je discute autour d'un verre avec un guide diplomé UIAGM: Daniel.

On se mets d'accord pour une ascencion en 2 jours avec départ après demain. 70$/jour c'est un peu cher, quoiqu'un français me racontera avoir payé 140$ pour l'ascencion pour être au sein d'un groupe de 10 personnes. Certes, c'était en 3 jours (je vois pas l'intérêt, en 2 jours c'est peinard), certes c'était tout compris (il faut que je paye ma location de matos, transports et bouffe), mais au total je fais mieux que m'y retrouver !!!

Le lendemain, rendez vous avec Daniel pour la location du matos et acheter de la nourriture. Daniel me fournit gracieusement piolet et baudrier, reste à louer chaussures et crampons. Aucune difficulté pour trouver du matos d'andinisme à Huaraz, cette ville mérite bien son surnom de "Chamonix des Andes". Je m'inquiétais de savoir si j'allais pouvoir trouver des chaussures à ma taille... aucun problème. "Non, elles sont trop grandes les Asolos là: c'est du 13US, moi c'est du 12 qu'il me faut". J'opte donc pour une paire de Koflach dont le moins qu'on puisse dire est qu'elles ont vécues. Mais elles sont parfaitement à ma taille, fonctionnelles et les crampons sont en très bon état.

On part pour le refuge du Pisco demain.

Jour 1 : Huaraz - refuge du Pisco (4600m)
En accord avec Daniel, on prends les collectivos pour rejoindre Cebollapampa. C'est beaucoup plus économique et sympathique qu'un transport privé. Pendant un arrêt le long de la route, je m'amuse à regarder des cuys couinant dans des sacs à patates. Daniel m'avouera en avoir au moins une soixantaine qui gambadent dans sa demeure.

La montée en collectivo de Yungay à Cebolopampa est assez longuette jusqu'à ce qu'on arrive au point de contrôle des très jolies lagunes Llanganuco. Faut encore raquer... ouaip mais j'ai déjà mon billet d'entrée dans le parc Huascaran hi hi, rien à payer ce coup ci.

Au détour d'un virage, le collectivo s'arrête: il faut préparer nos sacs surgonglés (matos + nourriture) pour monter au refuge. La montée est courte et pas trop raide, on a du l'expédier en une heure trente tranquilou ou quelque chose comme ca. Le refuge - tenu par un italien et super propre - me fait penser au refuge Albert 1er dans le massif du Mont Blanc. On ne sera pas emmerdés par les voisins cette nuit puisque nous serons les seuls à y dormir cette nuit !

Et qui est ce que je croise redescendant du Pisco pour faire une petite pause au refuge ? Max & Bernd (cf Tour de l'Alpamayo) ! Passé le déjeuner, faut occupper l'après midi: discussions météos, un peu d'escalade et de volley ball feront l'affaire.

Jour 2 : Refuge du Pisco (4600m) - sommet (5750m) - Huaraz
Minuit, on prépare le petit déj et les sacs pour partir à 1h du mat. Le ciel est étoilé: il fait grand beau et en plus il fait chaud ! Parti avec quelques polaires, je suis en tee shirt à l'arrivée au pied du glacier. On y rejoint une cordée de 4 péruviens venant de Lima, seule autre cordée sur la montagne en cette belle journée. Sur le glacier, la température change du tout au tout et pour le coup, il faut empiler les polaires. J'ai un peu froid aux mains et aux pieds malgré mes bons gants et mes coques plastiques mais ça ira.

L’ascension est facile avec très peu de difficultés c'est vrai, mais ça ne me paraît pas idéal comme première ascencion pour un débutant. Ce n'est pas mon cas (enfin presque) puisque je peux mettre en pratique ce que j'ai appris pendant mon stage UCPA "neige et glace" d'il y'a trois mois . Les seules difficultées sont des sauts de crevasses pas très larges (sauf auprès du sommet, il y'en a une qui est mignonne) et un petit mur de 3m environ à 50-55°... zut j'ai pas de photo (une photo est disponible sur un blog du VFiste Fabrizzio : http://fabriceontheroad.blogspot.com/).

Après une ascension dans de très bonnes conditions de neige (mmmmhh... du bonheur), nous arrivons au sommet pour le lever du soleil. Rrraahhhh, c'est magnifique !!!!! Vue à 360° sur les sommets de la cordilliere blanche: Artesonraju, Alpamayo, Huandoy, Huascaran etc.

La descente est tout aussi agréable et Daniel me laisse le temps de continuer à mitrailler les sommets environnants et les belles crevasses du glacier.

Il fait toujours grand beau et on descend tranquilou au refuge puis à Cebollapampa.

Bilan Superbe ascension, un pied immense ! De tout ce que j'aurais fait au Pérou, il s'agit de loin de ce que j'aurais préféré. Après coup, je regrette de ne pas avoir profité des supers conditions météo de ces jours là pour tenter le Chopicalqui voisin (un peu plus de 6300m).

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