Ultra tour du beaufortain 2014 - 105kms, 6400mD+

Il y’a 3 ans, je faisais mes 1ers pas sur le trail longue distance avec cet ultra tour du beaufortain qui faisait 103km, 5800mD+ à l’époque. Aligné sur la ligne de départ avec un dénivelé positif cumulé d’environ 100m, inutile de dire que la course fut folklorique…mes quadriceps s’en souviennent encore.. n’empêche j’étais quand même finisher. Tout au long de la course évidemment, je me suis dit “plus jamais ça”. Quelques jours après, je n’en étais plus si sûr…. quelques semaines plus tard, je n’avais qu’une envie: remettre ça ;-)

Quelques trails plus tard et des entraînements plus adaptés à ce type de course, je suis sur la ligne de départ ce samedi 19 juillet. De problèmes de boulot en bobos, je n’ai pas mis de dossard depuis le mois de mars et le semi marathon de Paris. Surtout, j’ai une revanche à prendre sur la maxi-race où je n’ai pas pris le départ à cause d’un problème de dos survenu à seulement quelques heures du coup du feu du starter !

4h du mat’, Go ! J’ai prévu de faire un départ rapide et au bout de 15 minutes de course, je ne suis qu’à quelques pas de la tête de course sur la montée de la roche pourrie. Cette course n’est toutefois pas la mienne et je préfère ne pas suivre les leaders dans leurs relances infernales. Ma lampe frontale montre des signes de faiblesses … quel guignol, comme d’habitude je suis parti en “last minute” et les piles que je croyais être bien chargées ne le sont pas. Mon éclairage rends l’âme alors qu’il y’a désormais quelques dizaines de mètres qui me séparent des coureurs de devant et derrière, je n’échapperais pas à quelques petites chutes mais sans gravité et le soleil se lève petit à petit, ouf ;). 5h37, je suis au sommet de la roche pourrie, j’ai donc réalisé l’ascension à 1000m D+/h ... pas mal ;)

Je prends mon temps jusqu’au 1er ravito - le refuge des arolles. La descente vers le barrage de St Guerin se fait aussi tranquilou d’autant que les sensations sont à peine “correctes”. Arrive alors ce qui se produit souvent sur un trail longue distance: un changement de sensations… en bien dans le cas présent. La montée vers le cormet d’areches, je la fait pas rapidement…. je me la bouffe comme une tablette de chocolat ;-) !

Passé le col du coin, on arrive dans le secteur de la “pierra menta”, un petit sommet qui donne son nom à la célèbre épreuve de ski de randonnée.

(photo prise à l’entrainement le 04/07/2014)

Après le refuge du presset et le col du grand fond, c’est le moment d’attaquer un des gros morceau de la course: la descente de la brèche de parozan…. une belle saloperie.
Cette descente est la pire que je connaisse.. pire encore que les descentes du GR20. Sur la partie haute, la pente est de 40%, tout en pierrier.

(photo de la brèche de parozan prise depuis la roche parstire à l’entrainement le 01/07/2014)

Je descends tranquillement en m’appuyant très fortement sur mes deux bâtons tendus à l’avant. Au milieu de la descente, je ressens une douleur au genou droit et au mollet… merde, ça sent pas bon. Un peu plus loin, ce sont des vagues de douleur sur la jambe droite qui me secouent du genou vers le mollet mais aussi ponctuellement jusqu’au fessier. L’abandon serait t’il au RDV au ravito du plan de la lai ?

Ravito du plan de la lai, la toute fin de la descente sur un sentier plat et large s’est passé relativement sans douleur… pas d’abandon pour le moment. Je profite du sac d’allégement acheminé par l’organisation pour me changer complètement et tout particulièrement pour changer de chaussures, la paire que j’ai utilisé jusqu’ici est vraiment très usée et n’ayant plus beaucoup d’amorti.

Il est 12h25 lorsque je repars de ce ravito au 48ieme km. Direction le roc du vent, la nouveauté du parcours 2014. On passe à travers un tunnel qui fait 1m60 de haut par endroits et c’est l’hécatombe apparemment: un grand nombre de coureurs de sont cognés sévèrement la tête. De l’autre coté du tunnel, le chemin en balcon est super sympa. En revanche, on mets un temps fou à monter puis redescendre vers le col de la sauce: l’ajout de cette difficulté est donc loin d'être anodine.

Au col de la sauce, on attaque la crête des gites, un endroit superbe mais aujourd’hui la couverture nuageuse nous empêche de profiter du panorama à 360°C.

(la crete des gites: photo prise à l’entrainement le 03/07/2014)

(le mont blanc depuis la crete des gites: photo prise à l’entrainement le 03/07/2014)

Autre nouveauté du parcours par rapport à 2011: à la descente du col du bonhomme, plutôt que d’attaquer un peu plus la descente puis remonter vers le col de la fenêtre, on bifurque à gauche direction la gittaz.

On rejoint ainsi les sentiers de la “TDS” et le fameux “chemin du curé”.Puis on remonte le col de la gittaz, le col de la fenêtre puis le col du joly… ouf. Quel détour et quelles difficultés ajoutées depuis l’UTB 2011 !

Au col du joly, il reste environ 30kms. Et surtout le parcours devient beaucoup plus roulant. S’il nous reste des jambes, on peut donc sérieusement “envoyer”. Aujourd’hui, j’ai toujours des jambes à ce stade de la course, mais j’ai aussi bien mal au genou et au mollet droit depuis la brèche de parozan. Par ailleurs le ciel s’est dégagé et il fait une chaleur d’enfer. Prudence et mesure donc.

Je parcours le chemin jusqu’aux Saisies à bonne allure… mais seul, c’est un peu chiant. Avec seulement 400 coureurs au départ, à ce stade la course, les coureurs sont étalés sur de larges parts du parcours. Aux Saisies, dernière montée du parcours vers Bisanne puis 1400m de descente vers Queige. Aucun souci avec les quadriceps qui ont bien encaissé tous les kilomètres et le dénivelé. Mais le genou et le mollet ne vont guère mieux. Tant que je ne m’arrête pas en descente, ça ne va pas trop mal mais un simple arrêt du genre “arrêt pipi” amène un refroidissement et des douleurs ignobles au redémarrage.

J’arrive à Queige lorsque la nuit tombe et franchit la ligne en 17h46 et en 12ieme position au scratch. Le vainqueur Sébastien Gérard mets 14h’30 d’une édition rendue difficile par la chaleur et Sangé Sherpa - vainqueur de la Montagn’hard - termine 4ieme en 15h46.
Ouf, quelle course ! L’UTB telle que je la connaissais était déjà difficile mais les modifications apportées ces dernières années ont augmenté le degré de difficulté de ce trail vraiment très “typé montagne”.

Quelques photos de la courses extraits des sites web suivants:
https://picasaweb.google.com/104865197110769620719/UTB2014?authkey=Gv1sRgCKaI_rfF2LzgGA&feat=email
http://www.queige.com/UTB_2014/UTB_2014.html


GR20 en rando course

GR20 en rando course avec la "Joinville ultra trail connection" ;-)
5 super journées de Calenzana à Bavedda.


Album photo ici: https://plus.google.com/photos/104877897232580084672/albums/6029269752176699505?banner=pwa
Diaporama en video ici: https://www.youtube.com/watch?v=N1cBAPf3QF4

UTMB

Ete 2012: je suis inscrit à l'UTMB mais bonne nouvelle (la météo sera pourrie cette année là), je ne suis pas tiré au sort ;-)

Janvier 2013: J'ai ma priorité, me voilà donc inscrit à l'édition 2013.

29 aout 2013: je suis malade. J'ai mal au crane et je suis nauséeux. Merde, putain... à quoi tient une course parfois ?

30 aout 2013: Ouf, le mal de crane et les envies de vomir ont disparu. Les nausées c'est nouveau, mais je suis coutumier des maux de tête à la suite d'un trajet en train: probablement à cause d'une certaine déshydratation.

16h20. 10 ans que j'y pense, 10 ans que j'espère et j'attends d'être sur cette ligne de départ. Pourtant je suis assez zen, je ne me prends pas la tête. Mon seul objectif est de finir la course et si j'abandonne, je n'en ferais point un drame. Quelques minutes plus tôt, je suis réveillé de ma mini sieste à l'ombre des bosquets près de l'église pour prendre place parmi les dernières positions. Pas envie mais alors pas envie du tout de me prendre la tête à glander je ne sais combien de temps à l'avance sur le bitume pour être mieux placé.

16h29, la musique de Vangelis retentit. Immanquablement, j'ai les poils qui se hérisse sur tous le corps et une petite larme n'est pas loin de perler dans mes yeux.

16h30: GO ! Evidemment, vu le nombre de coureurs devant, il va falloir patienter un peu avant de se dégourdir les jambes. Mais bon, après 100m et un petit virage, on devrait pouvoir commencer à trottiner. Nenni ! Les minutes passent et pas moyen d'avancer, quelle frustration ! Au bout de 7 à 8 minutes de course, on peut enfin trottiner à la sortie de la rue du docteur paccard. En quittant Chamonix, je commence l'opération "remontée du peloton".

La route est large jusqu'aux Gaillands puis le chemin jusqu'aux Houches l'est suffisamment pour autoriser les dépassements. La montée vers le Delevret se fait dans une foret de bâtons, il faut rester concentré pour éviter les coups. L'organisation de la Montagn'hard interdit l'utilisation des bâtons dans les premiers kilomètres. C'est d'une intelligence rare et sur ce point l'UTMB n'est pas au niveau. Par respect pour les autres coureurs, mes bâtons attendront St Gervais pour sortir du sac à dos.


J'avais entendu dire que la descente du Delevret était raide mais là, je suis sur le cul, c'est effectivement particulièrement raide ;). A peine un kilomètre de descente et je sens déjà mes quadriceps qui râlent avec ce qui semble être un début de contracture à la cuisse droite (sic). C'est mal barré c't'histoire ! La première des innombrables pauses pour soulager ma vessie est l'occasion de souffler un peu et de penser à bien descendre calmement: la route est longue.

Le parcours entre Saint Gervais et les Contamines ne me laissera pas des souvenirs impérissables. Que faire sur les zones de plat ? Relancer en courant ? Rester tranquilou et réserver le pas de course aux seules descentes ? J'opte finalement pour une stratégie mixte: course pépère agrémentée de passages en marche de façon régulière pour préserver la machine.

La nuit tombe sur les Contamines et il y'a un monde impressionnant aux alentours du ravito. Mais surtout, les spectateurs y sont formidables, quelle énergie dépensée à encourager les coureurs ! Même topo à Notre Dame de la gorge quelques kilomètres plus loin où si le nombre de spectateurs est moindre, l'enthousiasme ne l'est pas moins. Milles merci à toutes les personnes présentes là bas, c'était vraiment plaisant.

Passé ce point, c'est la montée du col du bonhomme qui démarre. Ravito de la Balme, manches longues obligatoires me dit un bénévole. Je n'ai pas froid avec mon seul tee shirt sur le dos mais je ne cherche pas à discuter et enfile une gore tex... dont je vais retrousser les manches un peu plus haut et même enlever: trop chaud !

Ma descente vers les Chapieux se fait avec un sentiment mitigé. Bonne nouvelle: ce qui semblait être un point dur et un "début de contracture" ressenti dans la descente du Delevret a disparu.Mauvaise nouvelle: les sensations au niveau des quadriceps ne sont pas gégé. Ca fait plus d'un mois et après une semaine d'entrainement à Chamonix et que je n'ai pas de bonnes sensations dans les jambes. Ca promets pour la suite de la course; va falloir gérer.

Bon, les descentes c'est pas top; le plat j'ose pas trop relancer par souci d'économie; il me reste les montées et je suis surpris de la différence de rythme que je peux avoir avec les coureurs que je dépasse, d'autant que je n'ai vraiment pas l'intention ni l'impression d'aller vite. Il me plait bien ce col de la Seigne: chemin pas technique, pas trop raide, défilé de frontales dans la nuit en regardant derrière moi et une descente assez courte pour rejoindre le prochain ravito du lac combal. 64km de course déjà et un gros point positif: je ne me sens pas fatigué du tout.

Un peu plus loin, mention spéciale au ravito du col Checrouit: il est tout petit, mais alors ces sortes de grandes chips avec une salade de poivrons réhaussée d'une légère vinaigrette un peu piquante, quel régal ! La descente vers Courmayeur est fastidieuse mais si les sensations (décidément je vais user et abuser de ce mot là dans ce récit :=) ) ne sont pas excellentes, elles ne se dégrade pas. Je reste une petite demi-heure au ravito histoire de me changer tranquillement. Arrivé de nuit au ravito, le soleil s'est levé quand j'en ressors.

Passé Bertone, je sais que je vais traverser une zone du parcours qui ne me convient guère : globalement du plat. Ressentant tout de même un peu de fatigue, j'adopte la même stratégie jusqu'au refuge Bonatti et même dans la descente vers Arvuna: alternance de marche & course. La tendance qui voulait que je double beaucoup s'inverse alors et je vois régulièrement passer des avions, bravo à eux.



La montée vers le col ferret est dure, dure, dure. Je souffre, mais bon au moins j'avance et j'ai le sourire. Néanmoins au sommet je suis inquiet. La descente vers Arvuna n'a pas été super et si maintenant je commence aussi à souffrir en montée mes chances d'aller au bout sont bien maigres.Je prends alors une décision curieuse sur le papier et qui va avoir des résultats étonnants: tenter d'envoyer du gros dans la descente jusqu'à la Fouly, même si j'ai mal aux cuisses. Etonnant car si la descente n'est pas technique ce qui est un avantage pour mes pieds de parisien, une fois lancé j'arrive à faire abstraction de mes cuisses et j'avance à une vitesse impressionnante sous le regard ahuri des trailers que je double. Ahuri, je le suis toujours à posteriori: comment ai je pu passer en quelques minutes d'un état de fatigue et de moral franchement pas terrible et une telle euphorie ? Je veux bien croire qu'on puisse passer par tous les états dans ce type de course mais là c'est fou. Sur la fin de la descente en doublant pleins de trailers je me suis même mis à courir comme un dératé.



Après la Fouly, l'euphorie est passée. Mais à défaut d'être vraiment bien, je reste en meilleure posture que dans la section Bertone-Col Ferret. Surtout, il reste 60km de course et évidemment ça change tout. Ce qui me tracasse à ce moment de la course, ce sont mes pieds qui me font mal, très mal. En enlevant mes chaussettes, je découvre que je n'ai pas d'ampoules mais que des "plis" impressionnants se sont formés sous la plante des pieds. A partir d'ici jusqu'à l'arrivée, je ferais des arrêts réguliers pour me masser avec de la nok que j'ai eu la bonne idée d'emporter.

La montée finale vers Champex est interminable et au ravito, j'envie les coureurs et coureuses qui bénéficient d'une assistance. J'aimerais tellement enfiler des chaussettes propres. La section relativement plate avant Champex, j'ai géré; la descente avant la remontée vers Bovine. Du coup, comme j'ai encore pas mal d'énergie à ce stade de la course, je fais une belle montée .... et une très belle descente. Certes, ce n'est pas la descente supersonique vers La Fouly et je marche tranquillement sur les passages un peu technique mais tout de même, à ce stade de la course je suis ravi.

Je ressors du ravito de Trient plein de confiance pour la suite. J'ai fait une belle descente de Bovine, je ne me sens pas fatigué, ça commence à sortir très très bon.Sur un panneau, je constate mon classement: 262ieme ? Pas mal, et en plus si je continue sur ma lancée, je devrais faire un temps dans les 32h, ce qui est hallucinant alors que j'ai géré et que je n'avais aucune ambition chronométrique.

Dans la montée vers Catogne, je n'ai pas la sensation d'aller lentement et pourtant un groupe de trailers que j'avais largement semé dans la montée vers Bovine me ratrappe. Je ne le sais pas encore à ce moment là, mais c'est le début de la fin en ce qui me concerne. La descente vers Vallorcine est un calvaire ! A l'évidence c'est la fin d'une section de course "Col Ferret-Trient" où je me suis senti vraiment bien, mais à la sortie du ravito je ne me doute pas que les choses vont s'aggraver. Jusqu'au col des montets, je m'accroche à deux trailers. Si j'étais dans mon état normal je n'aurais aucun mal à suivre ce pas cadencé tandis que là, je suis contraint de faire un effort mental très important pour ne pas ralentir. Objectif: rester avec eux jusqu'aux col des montets; je sais très bien que monter avec eux à la tête aux vent serait illusoire. C'est dans cette montée vers la tête aux vents que je réalise l'ampleur des dégats. Je n'avance plus ! Mais plus du tout, c'est dingue; je suis quasiment incapable de mettre un pied devant l'autre ! Mais pourquoi donc ? La descente vers Catogne, je pouvais comprendre avec mes quadriceps qui accusait le coup, mais là je n'ai pas ce problème et je suis sans la moindre force.

Aujourd'hui encore je ne suis pas sûr de bien comprendre ce qui a pu se passer... à priori une hypoglycémie aggravé par la fatigue ? Si j'ai utilisé le terme "calvaire" pour qualifier la descente vers Vallorcine, alors quel mot utiliser pour le trajet restant jusqu'à Chamonix ? La montée vers la tete aux vents ? Interminable ! Les 3 kilometres entre la tete aux vents et la flegere ? Pire encore, une horreu, la pire section de tout mon parcours ! La flegere: je me dis que c'est la dernière descente et qu'en me faisant mal je devrais réussir à avancer, un peu sur le même modèle que la descente vers la Fouly même si bien évidemment, ce n'est pas la même musique. Peine perdue, je me fais mal mais le moral n'y est pas et la vitesse non plus. Je voulais faire du 80% course lente/20% marche, je vais avec peine parvenir à faire l'inverse. Après le chalet de la floria je sais que le terrain n'est pas technique et que ça va me faciliter la tache pour relancer. Même pas, impossible de courir !

Au moins une bonne chose: le calvaire est bientôt terminé et je m'imagine déjà sous la douche puis dans mon lit d'hotel ;-) Il est 3h du matin quand j'arrive vers la ligne d'arrivée, étonné de voir quelques spectateurs enthousiastes qui me redonne un peu de courage pour faire les dernières centaines de mètres en courant. Ca y'est, j'ai fini l'UTMB ! La fin de parcours aura été une telle galère que le soulagement dépasse de très très loin le bonheur que pourrait représenter le franchissement de ligne d'arrivée.



Sitôt cette ligne franchit, mon principal souci est de trouver un moyen de m'éviter les 2 petits kms qui sépare le centre de Chamonix de mon hotel aux Gaillands. Pas de navette ni de taxi disponible à cette heure, je tente l'auto stop: bingo, 1er conducteur qui passe, la voiture s'arrête et ce belge qui a élu domicile dans la vallée de Chamonix me rends un fier service. Ce coup-ci, c'est vraiment terminé ;-)

Alors quel bilan de la course ?
Tout d'abord la place et le chrono: une belle satisfaction pour moi qui n'avais strictement aucune ambition de ce coté là et qui n'ai vraiment pas cherché à faire de chrono. Mais aussi une petite déception, un temps en 32h aurait eu une autre gueule. Coté déception toujours, cette fin de course absolument horrible avec une défaillance que je n'arrive toujours pas à expliquer et qui vient ternir une course qui aurait pu être extraordinaire de bout en bout.

Boucle dans les annapurnas - J5

The big day !

Aujourd'hui, j'ai l'intention de rejoindre Jomsom par le Mesokanto. Dans l'hypothèse peu vraisemblable où ce serait trop loin, j'aurais toujours la possibilité de planter la tente.
Départ à 05h45, un petit peu avant le lever du soleil. La barrière de Tilicho et le lac sont superbes. Pas facile de prendre des photos sympathiques avec mon appareil photo qui est loin d’être un grand angle.

La bonne surprise du jour, c'est encore la météo qui est au beau fixe (!) et puis le fait que le sentier vers le Mesokanto est bien tracé: je ne devrais pas avoir de problèmes à m'orienter.
En fait, le sentier est marqué juste pour être "fun comme il faut": par endroits la trace disparaît, les cairns se font rare, on y va au pifomètre et puis plus loin on tombe sur un panneau fléché "mesokanto pass".
Le scénario se reproduit plusieurs fois et le chemin est superbe dans l'ensemble: quelles vues sur les annapurnas, le tilicho peak puis bientôt le dhaulagiri.

Arrive le col (mesokanto) et là je me retrouve confronté à ce que je craignais en regardant la carte: la descente est super raide, mais surtout, elle est glacée (alternance de terre et de glace masquée par un peu de poussière).
Dans ce contexte, la descente est un peu chaude et j'hésite à chausser mes crampons. La présence de quelques "marches" taillées par mes prédécesseurs et l'aide précieuse de mes bâtons de marche me décident à ne pas le faire. Par endroits, j'aurais tout de même bien troqué mes bâtons de marche contre un piolet et je pousse quand même un bon petit ouf de soulagement dès lors que j'en ai terminé avec la partie casse gueule de cette descente.

Je rejoins alors un groupe de français que j'avais aperçu au loin juste avant qu'ils ne franchissent le col. Scénario classique dans mes randos: ils me demandent où je compte dormir, je leur réponds Jomsom et entends leur désapprobation... c'est impossible d'après eux : trop loin. Ca, c'est le discours classique des randonneurs qui s'imaginent que tout le monde a la même condition physique qu'eux alors que ce qui est extrêmement dur pour eux ne constitue qu'un début d’échauffement pour d'autres. Je ne me prends pour un "killer"... je suis loin de jouer les 1ers roles lorsque je participe à des trails ! Je suis lassé d'entendre systématiquement ces "c'est impossible" déjà entendus la veille dans la bouche de certains guide népalais lorsqu'ils me demandaient mes plans pour le lendemain.
Bon, on respire un bon coup pour éviter que je ne leur ressorte une réponse bien cassante du genre "je n'ai pas le même age que vous...". Je souris, je leur souhaite une belle fin de journée dans cet environnement magnifique et je poursuis ma route, c'est mieux comme ça ;)

La descente promets tout de même d’être longue et j'accélère le pas. Effectivement, elle est interminable, on n'en voit pas le bout, lol ;-) Mais le temps est superbe, le sentier agréable et comme dit plus haut, grâce à la pratique du trail, je suis devenu un bon descendeur.

Par passage, je m'éclate un peu en accélérant le pas jusqu'à courir un peu par intervalles. Je rejoins finalement Jomsom un peu après 17h et avant le coucher du soleil ;-)

Fin de cette boucle dans les annapurnas et fin de mes 14 jours de treks si je compte ceux passés sur le tour du dhaulagiri.

Boucle dans les annapurnas - J4

Destination: le lodge du Tilicho Base Camp. Ça fait une étape courte et pépère, le calme avant la tempête de demain.

La météo est de nouveau avec moi et ça tombe bien: je suis bluffé par les paysages qui se dresse devant moi. La beauté de la barrière de Tilicho avec ses ice flutes n'est pas une surprise. Non les surprises, ce sont les charmes du village de Khangsar, le peu de monde sur ce sentier, le sublime contraste des formations géologiques au 1er plan devant la barrière de Tilicho, ce sentier qui devient tortueux et aérien par moment. Encore une journée superbe !

Au Tilicho base camp, d'autres surprises: il n'y a plus un mais des lodges, et malgré cela, ils vont tous être plein comme des oeufs ;)
Ces lodges se remplissent car la plupart des randonneurs qui font un détour par le lac Tilicho dans leur tour des annapurnas passent y passent 2 nuits: une nuit à l'aller, une nuit au retour.
Dans la mesure où j'ai ma tente et que j'ai déjà pris une petite place dans une chambre/dortoir, je porte un regard amusé sur la situation de quelque randonneurs qui se demandent où ils vont dormir ce soir (mais bon, pas d'inquiétude, ils ont tous fini par trouver une petite place ;)).

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