Trek dans la cordillera vilcanota

Etape 1 : Tinqui (3800m) - Upis (4400m)

Arrivé de nuit et avec beaucoup de retard, il était trop tard pour se préparer hier. Il faut donc faire les derniers achats de nourriture et les préparatifs ce matin... le départ se fait attendre.

J'effectue cette première étape avec les VFistes badiaa, laventurier et turbulette qui ont fait appel aux services d'une agence de Cuzco pour faire le Tour de l'Ausangate.

En sortant de Tinqui, on nous demande un droit de passage de 10 soles. Toujours la même manie de prendre les gringos pour des portes monnaies ambulants. Deux hollandais refusent de payer: ils veulent une justification... qu'ils n'auront pas. Ou du moins pas de vrai justification puisque le brave homme nous ressort le refrain habituel: c'est pour le ramassage des ordures. Ouaip si ce n'est que les personnes qui font le trek sont des amoureux de la nature et ne laisse pas de déchets par terre, ce qui est loin d'être le cas des péruviens et tout particulièrement du guide des mes amis VFistes qui ne se privera pas.

Ce début de trek est très agréable avec un soleil magnifique, une vue tout aussi magnifique sur l'Ausangate. Le chemin est large, monte légèrement et on marche tranquillement. Ca tombe bien, ma tourista de la veille n'est pas terminée et j'ai les jambes coupées.

Arrivé à Upis, nous ne manquons pas d'aller aux sources d'eau chaudes (2 soles). Il fait toujours beau et cette baignade est un vrai bonheur. Au campement, je fais enfin la connaissance du muletier avec qui j'aurais le plaisir de partager ce trek. C'est un papy qui s'appelle Simon. Le nom de son cheval n'est pas très original: "Ausangate" ;-).

Etape 2 : Upis (4400m) - Laguna AuzangateCocha (4500m)

La nuit a été fraiche -6° à vue de nez. Je suis définitivement débarassé de ma tourista et ce coup ci, le trek part pour de bon. Comme hier, le temps est magnifique et le chemin est très plaisant jusqu'à un enchainement de cols: l'Arapa (4700m) et l'Apuchata (4900m). Nous longeons de nombreuses lagunes bordant l'Ausangate auprès desquels nous rencontrons quelques trekkers et des locaux, notamment des éléveurs d'Alpaga bien connus de Simon..

La laguna AuzangateCocha, notre deuxième lieu de campement n'est pas terrible en soi, mais les montagnes environnantes sont très belles. Il n'est pas tard et je décide de faire une petite ballade jusqu'au col Palomani histoire de profiter du beau temps et au cas où le temps ne serait pas dégagé demain.

Etape 3 : Laguna AuzangateCocha (4500m) - Quilleta (4700m)

La nuit a été plus froide qu'hier: cette fois, l'eau a gelé dans les gourdes a l'intérieur de la tente. La météo est tout aussi belle, du moins pour un temps puisque cela va se dégrader au fur et à mesure de la matinée.

Le chemin juste avant Quilleta est assez plat et tranquille. Ce trek est vraiment facile en termes de dénivellé: ce sont vraiment l'altitude et le froid qui constituent les difficultés.

On arrive encore assez tot (14h comme les deux jours précédent) et je râle un coup auprès de Simon: on ne pourrait pas aller plus loin ? Il me tient le même discours que celui de Genado Crispin à Tinqui: il y'a désormais des lieux de campements pré-établis et le prochain (Murmurani) est trop loin (encore qu'en partant plus tot, c'est jouable). En fait, ce sont les villageois qui imposent des campements près de leur village, histoire d'encaisser un droit de camping. Sur le coup, je suis dégoûté: encore et toujours cette mauvaise habitude des péruviens de prendre les gringos pour des portes monnaies sur pattes ! Finalement, peronne du village n'est venu me demander quoi que soit. Une tente, ça ne valait pas trop le coup ? En tout cas, il n'aurait pas fallu qu'il s'attendent à être reçu avec le sourire !

Etape 4 : Quilleta (4700m) - Murmurani (4900m)

Météo correcte au début mais très nuageuse dès le milieu de matinée. On marche tranquillement, parfois dans des encroits très humides en direction du col du condor, le plus haut de ce trek (5200m). La montée au col est très facile, dommage que les nuages bouchent le panorama.
En descendant le col, on croise nos premières vigognes du trek. Dans les environs de la laguna Sibbinacocha, elles sont particulièrement nombreuses. Plus loin, on croise aussi quelques viscaches que l'on verra en nombre plus important près de la laguna Ccascarra.

Murmurani, le campement de ce soir est près de la laguna Sibbinacocha. Je suis enchanté car la lagune est infiniment plus joli que ne le suggère les photos qui en sont prises. En plus, il y'a un orage au loin et le ciel noir, les quelques couleurs de la lagune et les éclairs qui atterissent dessus forment un paysage étonnant.

Peu après avoir planté nos tentes à quelques mètres du lac, l'orage est sur nous. Le tonnerre et la grêle qui tombe sont phénoménaux ... c'est carrément jouissif d'être au chaud dans ma tente sous ce déluge. J'ai alors une pensée pour le groupe de trekkers français (Terres d'Aventure me semble t'il) que nous avons vu au loin depuis le col du Condor. Ceux-ci nous rejoindrons bien plus tard, alors que le ciel est dégagé et nous laisse voir les montagnes environnante savec le sol recouvert de grêle.

Etape 5 : Murmurani (4900m) - Laguna Ccascarra (5000m)

Journée de merde, du moins au début. La météo est à chier, il fait froid, Le bourrin n'avance pas, il veut s'arrêter pour bouffer toutes les 30 secondes et j'ai les boules en me disant que j'aurais pu faire ce trek tout seul. La navigation est décidément trop facile.

Heureusement, les idées noires se dissipent à l'approche de la laguna Ccascarra. J'ai découvert cette lagune grâce au petit logo utilisé par le VFiste Vilcanota et à son site web. C'est l'existence de ce site précis qui m'a convaincu de prolonger le tour de l'Ausangate jusqu'ici... et je ne vais pas être décu. Avant même la lagune, des contrastes de couleurs présentent de très beaux paysages. Et malgré la météo mitigée au moment où nous arrivons, le plateau sur lequel repose la lagune est très beau avec le massif de Montura derrière. Une fois les tentes posées et un orage de grêle passé, le ciel se dégage et j'en profite pour me ballader et mitrailler avant le coucher du soleil.

Etape 6 : Laguna Ccascarra (5000m) - Boca de la Laguna Sibbinacocha (5000m)

Le ciel est dégagé depuis hier à 16h. La conséquence du rayonnement nocturne à cette altitude (près de 5000m) est une descente des températures terrible pendant la nuit. Jamais je n'ai eu de campement aussi froid. Mon sac de couchage (Valandré Lafayette, les connaisseurs apprécieront) me permet de dormir nu à -10°C. Cette nuit, un tee shirt, une carline et une polaire en plus n'auront pas suffi... j'ai eu froid et je n'ai pas dormi du tout. Au levée du soleil, mes chaussures sont un bloc de glace: impossible de les mettre.

C'est le prix à payer pour un ciel bleu sur un site d'une beauté simple mais étourdissante. Je m'éclate comme un gosse à monter sur les collines, longer la lagune pour mitrailler ces paysages avec mon appareil photo. Des montagnes enneigées qui se reflètent dans un lac, j'adore ça et je m'en donne à coeur joie !

Le chemin en direction de la "boca" de la lagune Sibbinacocha longe la lagune Ccasccara. Tant mieux, ça me permet de rester plus longtemps sur ce site et de continuer à mitrailler... j'ai pas très envie de partir. Dans un trek en autonomie, j'aurais surement mis moins de temps pour parvenir jusqu'ici et je pense que malgré le froid nocturne, j'aurais passé une nuit supplémentaire ici.

Et ce d'autant plus que le village de Phinaya assez proche permets de se ravitailler en nourriture. Ce village est très sympathique, non pas pour ses habitations avec des toits en tole mais pour la chaleur de ses habitants. Nous prenons un déjeuner chaud (excellent poulet frit) dans une épicerie du village et chaque personne qui vient acheter du pain, de la farine, des bonbons remarque le gringo que je suis et engage la discussion. Une fois à Phinaya et requinqué par cet excellent déjeuner, le chemin est court jusqu'à la boca ("la bouche") de la laguna Sibbinacocha.

Là, Simon m'incite à donner un backshish de 10 soles au gardien de la station électrique pour qu'on puisse camper sur son terrain. Je ne comprends pas forcément l'intérêt puisqu'il y'a manifestement moyen de trouver facilement où camper. La possibilité de discuter avec quelqu'un parlant couramment espagnol et surtout le fait de pouvoir squatter sa maison pour cuisiner au chaud sont semble t'il ses principaux axes de motivation. Point positif: on peut poser nos tentes entre deux batiments ce qui nous mets à l'abri du vent.

Etape 7 : Boca de la Laguna Sibbinacocha (5000m) - Jampa (4600m)

Le retour vers Tinqui était prévu en 3 jours mais j'ai réussi à convaincre Simon de le faire en 2 jours. Cela implique deux grosses journées de marche, la première et la plus grande devant nous mener jusqu'à Jampa. Nous partons donc assez tôt sans prendre le temps de faire sécher les tentes.

Il nous faut rejoindre le col du Condor dans une marche particulièrement longue sur une piste carossable. Une fois de plus, la météo n'est pas terrible et si on excepte les nombreuses vigognes rencontrées le long du parcours. Arrivés à Quilleta, Simon râle un bon coup: il n'apprécie pas trop qu'on ne s'arrête pas à Quilleta pour camper. Il est vrai que Jampa est un peu plus loin que ce que j'imaginais mais on finit par y arriver. Quelques plaisanteries, un bon repas et Simon retrouve sa bonne humeur. Le gros paquet de ravioles au fromage que j'avais acheté ne résistera pas à son appétit d'ogre, bien aidé par une habitante de la communauté de Jampa.

Etape 8 : Jampa (4600m) - Tinqui (3800m)

Autre lever matinal pour cette dernière journée de marche. Simon a envie d'arriver en début d'après midi et il est particulièrement motivé ! La montée au col est très sportive car Simon carbure au super et comme je prends pas mal de photos (le montagnes sont très belles et le ciel est dégagé), j'ai toujours un temps de retard à combler.

Qu'à cela ne tienne, je le rattraperai dans la descente du col alors que le ciel s'est encore couvert de nuages gris foncés. Après une marche rapide, nous arrivons à Tinqui en début d'après midi comme souhaité.

C'est l'heure du bilan autour d'un 2eme déjeuner: Simon est ravi de notre collaboration tout comme moi. Reste à rentrer à Cuzco, en deux temps: taxi jusqu'à Ocongate (2 soles) et bus jusqu'à Cuzco (15 soles je crois). Le bus - de nuit - sera beaucoup plus rapide qu'à l'aller, même s'il sera tout aussi épique avec les nombreuses personnes dans le couloir et en particulier un soulard qui voudrait que je sois son prof d'anglais... non merci ;-).

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