Boucle dans les annapurnas - J5

The big day !

Aujourd'hui, j'ai l'intention de rejoindre Jomsom par le Mesokanto. Dans l'hypothèse peu vraisemblable où ce serait trop loin, j'aurais toujours la possibilité de planter la tente.
Départ à 05h45, un petit peu avant le lever du soleil. La barrière de Tilicho et le lac sont superbes. Pas facile de prendre des photos sympathiques avec mon appareil photo qui est loin d’être un grand angle.

La bonne surprise du jour, c'est encore la météo qui est au beau fixe (!) et puis le fait que le sentier vers le Mesokanto est bien tracé: je ne devrais pas avoir de problèmes à m'orienter.
En fait, le sentier est marqué juste pour être "fun comme il faut": par endroits la trace disparaît, les cairns se font rare, on y va au pifomètre et puis plus loin on tombe sur un panneau fléché "mesokanto pass".
Le scénario se reproduit plusieurs fois et le chemin est superbe dans l'ensemble: quelles vues sur les annapurnas, le tilicho peak puis bientôt le dhaulagiri.

Arrive le col (mesokanto) et là je me retrouve confronté à ce que je craignais en regardant la carte: la descente est super raide, mais surtout, elle est glacée (alternance de terre et de glace masquée par un peu de poussière).
Dans ce contexte, la descente est un peu chaude et j'hésite à chausser mes crampons. La présence de quelques "marches" taillées par mes prédécesseurs et l'aide précieuse de mes bâtons de marche me décident à ne pas le faire. Par endroits, j'aurais tout de même bien troqué mes bâtons de marche contre un piolet et je pousse quand même un bon petit ouf de soulagement dès lors que j'en ai terminé avec la partie casse gueule de cette descente.

Je rejoins alors un groupe de français que j'avais aperçu au loin juste avant qu'ils ne franchissent le col. Scénario classique dans mes randos: ils me demandent où je compte dormir, je leur réponds Jomsom et entends leur désapprobation... c'est impossible d'après eux : trop loin. Ca, c'est le discours classique des randonneurs qui s'imaginent que tout le monde a la même condition physique qu'eux alors que ce qui est extrêmement dur pour eux ne constitue qu'un début d’échauffement pour d'autres. Je ne me prends pour un "killer"... je suis loin de jouer les 1ers roles lorsque je participe à des trails ! Je suis lassé d'entendre systématiquement ces "c'est impossible" déjà entendus la veille dans la bouche de certains guide népalais lorsqu'ils me demandaient mes plans pour le lendemain.
Bon, on respire un bon coup pour éviter que je ne leur ressorte une réponse bien cassante du genre "je n'ai pas le même age que vous...". Je souris, je leur souhaite une belle fin de journée dans cet environnement magnifique et je poursuis ma route, c'est mieux comme ça ;)

La descente promets tout de même d’être longue et j'accélère le pas. Effectivement, elle est interminable, on n'en voit pas le bout, lol ;-) Mais le temps est superbe, le sentier agréable et comme dit plus haut, grâce à la pratique du trail, je suis devenu un bon descendeur.

Par passage, je m'éclate un peu en accélérant le pas jusqu'à courir un peu par intervalles. Je rejoins finalement Jomsom un peu après 17h et avant le coucher du soleil ;-)

Fin de cette boucle dans les annapurnas et fin de mes 14 jours de treks si je compte ceux passés sur le tour du dhaulagiri.

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